An unlucky day

Publié le 21 février 2019 Catégorie : Chroniques
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Chéri-Chéri et moi sommes partis à New York pour 8 jours fin janvier/début février. Impossible de ne pas y aller, car même si je préférais une Amérique sous la coupe d’Obama plutôt que sous celle de l’horrible Trump, j’étais bien obligée de faire des concessions pour profiter d’un programme incroyable : balades romantiques dans Central Park enneigé, New York by night, le Met, le Moma, le Guggenheim, le muséum d’histoire naturelle, des galeries d’art contemporain et de photographie, shopping sur la 5ème avenue et sur Madison, ballet et opéra au Lincoln Center…

4 mois de préparation : cours d’anglais intensifs, boulot anticipé, réservation du TGV, des avions, de l’hôtel, ciblage des visites et activités, et surtout une motivation à toute épreuve. Tout était parfait, absolument parfait… J’étais au paradis… Mais ça, c’était sans penser que la SNCF disait vrai lorsqu’elle parle de son nouveau TGV : c’est inOui !

Le Jour J arrive.

Debout à 3h30 comme un cran d’arrêt, fatiguée, mais excitée. A peine mon alarme se fait entendre que je l’arrête immédiatement. Sérieusement, je n’ai qu’une idée en tête : dans quelques heures, je dormirai à New York.

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Départ à 4h45. Direction la gare SNCF de La Rochelle pour prendre le TGV à 5h39 en destination de l’aéroport Charles de Gaulle à Roissy. Arrivée à 9h43 après une correspondance à Poitiers. Décollage prévu à 13h20 pour atterrissage à 15h55 à JFK à New York City, heure américaine. Exaltée, j’avais du mal à croire que mon voyage après l’Irlande sera aussi dingue, aussi loin, aussi génial que ça… Moi, la petite blogueuse dans la grande pomme, c’est fou non ?!

A la gare de La Rochelle, notre chauffeur (le fils de Chéri-Chéri) repart avec Madame Titine sportive. On ne sait jamais, des amateurs de belles bagnoles nerveuses pourraient être attendris et tentés par Madame Titine sportive, toute seule jours et nuits sur un parking… Chéri-Chéri préfère donc que Beau-fiston reparte avec à la maison.

Enthousiasmés genre « vas-y, le monde est à nos pieds », nous poussons la porte de la gare.

Mais c’est quoi cet attroupement de personnes qui a l’air énervé ??? C’est quoi tous ces gens ?????

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Un contrôleur plutôt mou, voire lymphatique (pas réveillé je pense), nous tient à peu près ce langage : « bonjour, pour ceux qui prennent le TGV 8327 à destination de Poitiers qui devait partir à 5h39… il y aura du retard… Enfin… Il est annulé !» … Du retard, annulé ????? Tu te fous de moi ou quoi ? Quoi du retard ? Quoi annulé ?

  • S’il vous plaît, c’est annulé ou retardé ?
  • Ben annulé je pense. Tout ce que je sais c’est qu’avec la tempête de cette nuit, il faut que nous dégagions certains tronçons, des arbres sont tombés sur les voies…
  • Mais il y a des bus affrétés ?
  • Heu… Non, il n’y a rien de prévu encore, pas à cette heure-là…

Effervescence et agitation parmi les voyageurs. J’vais l’tuer ! Je me jette sur mon téléphone pour appeler Beau-fiston : « Reviiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiens ! »….

On saute comme des malades dans la voiture en maugréant direction Poitiers… Avec un peu de chance notre correspondance est là, mais nous étions loin d’imaginer la suite.

Soulagés, sur le quai poitevin, le TGV 5260 nous attend et part avec 15 mn de retard. Nous devons être à l’aéroport à 11h20. On devrait arriver vers 10h00. C’est encore parfait. Il n’y a pas à stresser…

Mais quand on a un karma pourri… On ne peut pas lutter, on a un karma pourri…

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Au niveau de Marne-la-Vallée… un message nous fige immédiatement : « Mesdames et Messieurs, un train a arraché un caténaire avant l’aéroport Charles de Gaulle. Nous vous tenons informés… ». Au bout de 20 mn angoissantes, un message bien plus inquiétant résonne dans nos oreilles pour nous expliquer que c’est mort et que si nous voulions rejoindre l’aéroport, il nous faudrait prendre le RER… Leur slogan ne ment pas : la SNCF, c’est Inouï, c’est sûr !

On sort presque tous, inquiets, affolés, agacés et encombrés par les valises. Nous partons à la recherche du RER, super mal indiqué, surtout pour ceux/nous qui n’avons pas l’habitude.

Nous sommes une douzaine de passagers pour l’aéroport dans ce wagon. On arrive enfin à choper le RER… On plaisante tous ensemble… Sans savoir cette histoire de Karma pourri !

« Le RER machin ne pourra pas arriver à Charles de Gaulle. Un accident de personne grave nous oblige à interrompre la ligne »

La seule chose que j’arrive à penser, c’est Nooooooooooooooooooon !

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A Aulnay-sous-Bois, c’est une explosion de voyageurs qui courent, névrotiques et compulsifs, accrochés à leurs valises et leurs téléphones. La grosse doudoune pour affronter les -20° prévus à NYC entrave mes mouvements et ma colère neutralise ma raison. J’attrape mon mobile et tente de trouver un Uber avec l’appli puisqu’il n’y a pas de taxi à ce moment-là. Je tope un chauffeur mais le mec ne nous trouve pas et nous laisse tomber. J’ai l’impression d’être dans Koh Lanta. Je vois les autres voyageurs se barrer les uns après les autres et réussir leur épreuve. Je vois notre Totem s’éloigner… Je veux être au Conseil à NYC… J’veux partir put*** !

Chéri-Chéri hèle un taxi qui s’arrête. Le type est un peu chelou. Il nous fait monter, ainsi qu’une adorable irlandaise d’un certain âge et un homme cradingue qui crache ses poumons sur moi et sur la tête de Chéri-Chéri assis devant… Vas-y Chauffeur, on a quelques minutes pour ne pas louper notre avion… Message reçu ! Le chauffeur de taxi se prend pour un pilote de rallye voire pour Samy Naceri dans le film Taxi. Il zig-zag entre les voitures sur le périph, accroché à son oreillette, comme si de rien n’était, à jacasser avec ses potes. Il se marre. L’estomac au bord des lèvres, l’irlandaise et moi discutons en anglais. Si je n’avais pas la trouille, je serais super contente d’arriver à parler avec elle. Elle le supplie de conduire moins vite, mais il ne veut pas. Il veut que nous prenions notre avion (crotte, on aurait dû se taire, mais on voulait absolument décoller). Ça vaut bien les 25€/personne qu’il nous a pris, mais on voudrait arriver vivants si possible…

Il nous dépose devant notre terminal. L’irlandaise tressaille. Elle a peur. Nous nous tenions la main pour nous rassurer pendant toute l’épreuve. On descend un peu fébriles. L’heure limite d’embarquement est 12h25. Il est 12h40. Avec un peu de chance, il est encore temps…

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On fonce sur la porte. Crotte, elle est fermée pour travaux. La poisse continue… On ne veut rien lâcher ! Notre programme, notre première fois de l’autre côté de l’Atlantique et ce que coûte le voyage nous motivent à réussir à prendre ce satané avion. Je bifurque à droite. Je cours, Chéri-Chéri aussi… Essoufflés, nous arrivons à un comptoir Air-France. Royal, on va l’avoir ! Je crois en notre bonne étoile, même si elle laisse à désirer aujourd’hui. Un doute m’assaille. Ça ne ressemble pas à ce que m’a dit Louisa, ma chroniqueuse, lorsqu’on a rédigé à deux le billet sur les conseils pour prendre un avion dans un aéroport pour la première fois, ni à l’aéroport de Dublin dans lequel j’étais en septembre. Je tope un steward qui m’explique que ce n’est pas le bon comptoir. Faut faire le tour ! Je fais signe à Chéri-Chéri… Je chope une de nos valises au passage. Je cours comme une dératée (je n’ai jamais couru aussi vite) et je suis stoppée net dans ma course : bon sang, il n’y a personne ! Juste un mec tout seul…

On se présente avec nos cartes d’embarquement :

-Comment ça se fait que vous n’arrivez que maintenant ?

– Si on vous le raconte, vous ne nous croirez pas.

– Désolé, vous ne pouvez pas embarquer. L’embarquement est terminé depuis 20 mn…

Tremblements nerveux, larmes incontrôlables…. « Noooooooooooooooooon, on part une semaine/an. C’est NOTRE semaine… S’il vous plaîiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit…. » me mis-je à chouiner avec une voix aïgue. Chéri-Chéri reste stoïque : « Ok et maintenant comment ça se passe ? » et Beau-gosse-steward répond : « une seconde s’il vous plaît ! Je vous cherche un autre vol ! ».

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La poisse va-t-elle nous anéantir… Est-ce que nous devons vraiment prendre cet avion. Ne sont-ce pas des signes qui font que nous devrions rester ici ? Est-ce l’avion ne risque pas de tomber dans une flotte glaciale au large de Saint-Pierre-et-Miquelon ? Je me vois passer une semaine à Aulnay-sous-bois, plutôt qu’à NYC. C’est pas que ce n’est pas sympa comme bled, mais bon, à choisir…

Beau-gosse-steward nous a trouvé un vol. Départ à 16H10 sans surtaxe ! Coup le bol ! La tendance s’inverse on dirait. Du coup, on va avoir le temps de déjeuner et de se reposer un peu.

Les bagages sont enregistrés et le contrôle sécurité passé. On déjeune de Sushis (moi, j’aime pas les sushis), puis on traîne dans les Duty free. On bouquine et puis c’est l’heure…

Embarquement zone 5. On passe les derniers (vraiment les deux derniers), mais on s’en fout. On passe, c’est l’essentiel… Totalement abrutis par la fatigue et hébétés par tant de malchance.

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Le vol n’était pas plein. Idéal. Personnel au top, adorable et sympathique. Atterrissage parfait.

La météo polaire depuis un jour ou deux aux États-Unis nous faisait craindre de ne pas pouvoir atterrir ou d’atterrir ailleurs et/ou que nous soyons rapatriés sur NYC en bus ou par train : « Bonne nouvelle, nous allons pouvoir atterrir à NYC et pas ailleurs ! » Quooooooooooooiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Débarquement… Douane pas cool et surtout pas souriante du tout mais pas hostile. Se sentir les bienvenus serait exagéré. Après une grosse grosse journée merdique, nous sommes contents d’être là.

Maintenant, il n’y avait plus qu’à trouver le chauffeur privé du SUV qui venait nous chercher. Il avait été informé de notre retard par Louisa… Après plus d’une heure d’attente dans le hall de JFK avec les portes qui s’ouvrent et se ferment mal, sans chauffeur à notre nom, nous décidons de découvrir la délicieuse température de -16°. Le bon côté des choses, c’est que ça raffermit et fait griller des calories le froid polaire. Mais à un moment donné, il fallait prendre une décision. Après presque 24 heures sans dormir, là sérieux, fallait plus me gonfler…

Nous sortons frigorifiés, heureux de nos choix de méga grosses doudounes bien chaudes, de nos grosses écharpes et de bonnets douillets. Je choisis le plus beau taxi. Un homme assez cra-cra et hyper désagréable sort d’un véhicule mutant entre Kangoo et caddy très sale (je croyais que c’était un véhicule de chantier). Il nous fait signe. Chéri-Chéri me dit que c’est celui-là qu’il faut prendre. Je fais clairement la gueule. Suis pas contente. La poisse, encore la poisse… Et Re-belotte. Samy Nacéri est de retour. Le vilain chauffeur zig-zag entre les voitures, sur la neige et le verglas. Nous arrivons après 40 mn de route (normalement, il faut compter 1h30 de trajet). Nous arrivons devant notre sublime hôtel, vivants.

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Quelques mots en anglais à la réception, et j’obtiens le passeport pour le paradis. Notre curiosité et notre excitation ont raison de notre épuisement. Nous sortons histoire de voir quelques gratte-ciel newyorkais by night… Mais -16° sans les caleçons thermolactyl sous les jeans, je conseille pas, vraiment pas. Moins de 10 mn après, on court jusqu’à l’hôtel transis, congelés, avec des cuisses, des joues et des nez rouge-violet.

On n’a même pas défait nos valises. On s’est endormi avant d’avoir atteint le matelas…

It was a very unlucky day ! Mais le pire, reste à venir…

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A propos de l’auteure
Adélaïde votre blogueuse préférée de Charente-Maritime !

Fille d’un artisan-expert judiciaire, puis chef d’entreprise à mon tour, j’ai décidé de quitter le nid familial pour voler de mes propres ailes. J’ai alors œuvré dans le 1er groupe de presse français pendant 15 années. La filiale dans laquelle je travaillais a fermé ses portes après plus de 40 ans d’existence. D’un malheur est né un rêve. Je me suis alors inscrite dans une célèbre école de journalisme. Et mon diplôme d’attachée de presse en poche… Me voici…

Vous allez découvrir que je suis spontanée, capricieuse, espiègle, malicieuse faut-il croire, rêveuse sûrement, contemplative absolument, timide beaucoup et agaçante semblerait-il, sans aucun doute, pour certains…

Ce sont assurément pour toutes ces raisons, qu’il vaut mieux que j’écrive, c’est encore là que je reste la plus mignonne… Quoique !

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