Solitude : luxe ou isolement ?

Publié le 21 avril 2020 Catégorie : Reportages

Pourquoi la solitude a-t-elle si mauvaise réputation ? Fait de société dont on parle de plus en plus souvent, la solitude revêt différents visages antinomiques. Entre la sensation d’être seul(e) quand on vit un moment difficile, la vie de célibataire et le fait de ne jamais voir personne, il y a tout un monde. La distance se creuse encore plus lorsqu’on fait tout pour être tout(e) seul(e) dès que possible. Petit point sur nos solitudes : ce qu’elles sont, ce qu’elles disent de nous, et quelques trucs pour créer des liens seul(e) ou pas !

C’est quoi la différence entre isolement et solitude ?

C’est bien simple : Le Larousse précise que la solitude, c’est l’état de quelqu’un qui est/vit seul, alors que l’isolement est l’état de quelqu’un qui vit isolé et séparé des autres membres de la société.

La différence est subtile, je l’avoue. Néanmoins elle très importante pour comprendre ce qui suit.

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Déculpabilisez-vous si vous ressentez l’une de ces impressions. C’est un vrai problème de société depuis des années. La solitude et l’isolement sont des sujets sérieux de préoccupation nationale étudiés en 2017 notamment par le Ministère des Solidarités et de la Santé, ainsi que par la Direction Générale de la Cohésion sociale. Ce rapport fait le point sur les causes et les conséquences des différentes solitudes.

Causes et conséquences de l’isolement !

Une enquête de l’Insee, réalisée en 2019, détaille également certains éléments quant aux raisons qui mènent à l’isolement. Il n’est ni plus, ni moins, que les conséquences de difficultés socio-économiques qui existent en France. Le profil type de la personne isolée socialement est un homme de plus de 40 ans, peu diplômé, qui a perdu son job peu ou pas qualifié et qui travaillait de nuit. C’est 3 % de la population française.

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Cette enquête démontre que si la maladie, le handicap et la vieillesse sont des éléments qui sont à l’origine de l’isolement, la pauvreté, est par sens logique, l’agent principal de celui-ci et ne permet pas de se sentir bien dans une société basée souvent sur l’apparence et sur l’appât du gain. Il faut de l’argent pour faire les courses, pour aller bosser, pour sortir avec des amis(ies), pour mettre de l’essence dans la voiture, ou amener les gamins à l’école… L’isolement est donc une résurgence d’une société de consommation qui exclue des personnes fragilisées socialement.

L’isolement relationnel va accentuer le délitement des liens sociaux. Autrement dit, plus les personnes sont isolées, plus elles ont du mal à créer des liens avec les autres car leur sentiment d’insécurité avec autrui ira croissant.

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Les personnes âgées, les personnes défavorisées ou économiquement fragiles, les inactifs, les personnes en perte d’autonomie et majoritairement les hommes sont très souvent victimes de cet isolement relationnel. Les cinq cercles que l’on a autour de nous sont alors absents : les amis, la famille, le travail, les voisins, les réseaux affinitaires (associations, sports, musique, arts, etc…). En général, ce sont donc des facteurs socio-économiques d’abord, puis des pertes d’autonomie ensuite qui génèrent ce mal-être. Nous retrouvons alors des personnes si isolées qu’elles ne parleront pas plus d’une à quatre fois par mois avec un être humain, autant dire presque pas.

Causes et conséquences de la solitude !

Le sentiment de solitude, lui, est celui qui vous fait dire que vous êtes seul(e) face au monde entier, que vous ne pouvez pas partager ce que vous vivez, ni ce que vous ressentez avec quelqu’un dans votre foyer… Vous ne pouvez pas vous confier parce qu’il n’y a personne près de vous, et que même votre chat vous fait la gueule… Mais contrairement aux personnes isolées, vous avez un entourage : de la famille, des amis(ies), des collègues, etc… Ce problème n’est pas insoluble et plus facile à régler que ceux qui souffrent d’isolement relationnel à qui il faudra du temps pour remédier à leur manque.

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En général, vivre seul(e) n’est pas forcément volontaire. Contrairement à ce que nous pouvons penser, les personnes seules ont plus de relations que les couples ! Eh oui, ça s’explique par le fait qu’en couple, les personnes se centrent plus sur leur noyau familial que sur l’extérieur. Ceci dit, cette multitude de relations ne satisfait pas pleinement les célibataires, car elles ne compensent pas ces contacts privilégiés et ce sentiment de sécurité que nous ressentons au sein d’un foyer.

Étonnement d’ailleurs, le sentiment de solitude touche plus les jeunes de 18 à 35 ans et les femmes. Les plus de 75 ans sont aussi fortement impactés. Quand on les interroge, les Français expliquent que ce sentiment de solitude arrive avec une absence ou une quantité infime de relations après une séparation/divorce, le départ des enfants ou d’un proche, après un décès, une perte d’emploi, un départ à la retraite, et parfois même à un éloignement géographique des villes. Les causes qui mènent les individus à vivre seuls sont aussi d’époque : de longues études, les difficultés à trouver du travail, l’instabilité de la vie de couple, l’allongement de la durée de la vie…

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Le fait de vivre sa solitude bien ou mal viendrait du fait d’être suffisamment autonome ou de ne pas l’être. Le manque d’autonomie, selon différents sociologues, amènerait des personnes à manquer de confiance en elle (estime de soi), les empêcherait d’être capable de s’assumer, de s’affirmer et d’aller vers les autres. Ce sentiment de solitude serait lié à une autonomisation difficile conditionnée par deux éléments : la construction individuelle et la protection collective. Ces personnes ont un besoin irrépressible d’être aimé, et pour elles, être seul(e) signifient être rejeté, être exclu. Le besoin d’appartenance à un groupe peut aussi modifier notre comportement vis-à-vis de la solitude, ainsi que notre intelligence émotionnelle (hyperémotivité par exemple ou encore une sensibilité exacerbée). Notre construction psychologique (qui se fait pendant notre enfance) déterminerait ou non notre aptitude à vivre bien ou mal notre solitude.

Évidemment, c’est donc une véritable différence entre une solitude subie et celle que nous choisissons.

Mais alors la solitude peut-elle vraiment être un luxe ?

Plus que jamais la solitude devient un luxe lorsqu’elle est choisie. Elle devient celle qui nous permet de vivre, notre souffle d’air frais. En général, ce sont des individus soumis à beaucoup de tensions, de stress, de pression, débordés et saturés d’activités qui choisissent de s’isoler et de cesser enfin d’être les victimes consentantes d’une suractivité.

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Cette recherche de solitude devient un vrai business qui propose, à grand renfort de communication, de se retirer du monde dans le calme, la déconnexion et la sérénité, sans aucun contact avec le monde extérieur… Ce sont aussi des voyages, toutes catégories confondues, seul(e) avec nous et nous-même qui sont proposés. Les femmes optent également pour des week-ends totalement seules, tranquilles, au calme, sans leur famille, avec un plaid et un bon bouquin…

La plupart du temps les gens en ont marre d’être en surrégime. Les femmes sont plus souvent concernés par ce ras-le-bol et en ont assez d’être des super women… Toujours plus actives, toujours plus performantes, toujours plus soumises à des rythmes insupportables, elles veulent se libérer des obligations et des carcans, que la société leur impose et larguent, pour un week-end, une semaine, un mois ou plus, leur tribu (gosses et mec confondus).

La solitude à ce moment-là est ce qui va nous permettre de ne plus dépendre du regard de l’autre, de se retrouver soi-même, d’être plus tolérant(e), autonome (on y revient !), créatif(ive), débrouillard(e). C’est bien souvent le prix de la liberté, de l’indépendance, et enfin de l’auto-accomplissement.

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Être confronté à soi n’est pas facile. La solitude permet d’être nous-même (avec nos qualités et nos défauts), de vivre nos faiblesses, de dépasser nos limites (parce que oui, il faut affronter nos peurs et nos parts d’ombre), d’être rationnel(le)/factuel(le), de devenir plus fort(e) et surtout faire face à la vie sans avoir besoin des autres. La solitude nous rend alors meilleur(e) et fait de nous un être plus accompli. Aimer être seul(e), c’est avoir besoin de se ressourcer. Au-delà de s’épanouir, c’est parfois même une véritable aliénation à la liberté que nous développons, une liberté sans faille, non entravée par les autres. La solitude qui a mauvaise réputation devient alors le summum du luxe de notre société contemporaine.

6 solutions pour lutter contre la solitude…

Je vous ai concocté un résumé de 6 conseils donnés par certains sociologues et philosophes pour dépasser notre appréhension de la solitude et être en capacité de créer du lien avec les autres. Ceci dit, si votre souffrance est trop lourde pour vous, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue ou encore un psychiatre pour vous faire accompagner.

Changer son état d’esprit !

 

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Changer notre état d’esprit, c’est tenter de voir la vie différemment. La première des choses à faire, c’est faire le point sur nous-mêmes, nos aspirations, nos manquements et nos envies, qui nous sommes… Prenez conscience que quelque chose ne va pas, et qu’il faut changer ça ! Surtout, il faut prendre conscience qu’il n’y a que nous qui pouvons avoir une action sur ce que nous vivons. Faites-vous confiance ! Dites-vous que vous pouvez maitriser votre destin, et ce qui se passe dans votre vie.

Être positif(ve) !

 

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Essayez de retrouver le bon côté des choses. Ne voyez plus la vie en noir. Nous sommes les vibrations que nous envoyons, ce qui veut dire que si vous pensez triste, critique/agressif et dépressif, vous verrez tout sous cet angle, et vous vivrez ce que vous pensez. Essayez la pensée positive : avant de vous coucher, pensez à une chose positive que vous avez faite ou vécue dans la journée. Soyez reconnaissant(e) d’avoir pu vivre au moins une chose de bien… Vous verrez, bientôt, vous n’aurez que l’embarras du choix dans les évènements cool de vos journées. Mettez de la couleur dans votre vie et vous attirerez des gens qui répondront avec plaisir à votre nouveau moi.

Prenez soin de vous !

 

© Stocklib kasto
© Stocklib kasto

C’est dans l’air du temps d’apprendre à s’aimer, mais c’est nécessaire aussi. Prendre soin de soi, c’est s’autoriser à déconner de temps en temps, d’accepter parfois d’être nul(e) ou encore défaillant(e). C’est aussi être tolérant(e) avec soi lorsque nous le sommes avec les autres. C’est se faire confiance parce qu’on le vaut bien… Alors faites-vous un petit plaisir par jour… Un petit plaisir simple comme par exemple, un bon petit plat, mettre notre fringue préférée, regarder notre film favori, etc… Soyez convaincu(e) que vous méritez ce qui est et fait du bien. Listez vos plaisirs et organisez-vous votre agenda. Aimez-vous ! Le bonheur, c’est contagieux ! Souriez-vous le matin après votre douche, et faîtes vous un compliment en vous regardant droit dans les yeux. Faites l’effort de vous croire, et petit à petit vous en serez fermement convaincu.

Intéressez-vous aux autres !

 

@Stocklib
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S’intéresser vraiment aux autres, avec sincérité, en laissant de côté vos préoccupations, vos soucis, vos ennuis. Devenez le super pote, la bonne copine, le ou la collègue attentionné(e) et votre entourage vous découvrira. Soyez authentique, sincère et consacrez un peu de temps à votre entourage, même si vous êtes stressé(e), timide, ou que vous vous sentez nul(le). L’intérêt sincère que vous porterez aux autres vous récompensera au centuple. Si vous vous intéressez à autrui, sans arrière-pensée, vous intéresserez les autres. Petit à petit vous retrouverez un vrai plaisir à aller vers eux. Finalement, vous deviendrez populaire.

Ayez des centres d’intérêts !

 

© Stocklib Michael Simons
© Stocklib Michael Simons

S’intéresser à d’autres choses que nous et nos emmerdes, c’est super agréable… Sports, musique, mode, arts, politique, communication… Tout est bon pour s’ouvrir à de nouvelles expériences… En plus, les passionnées se feront un vrai plaisir de vous enseigner, de partager, et de vivre de nouvelles choses avec vous ! Checkez vos centres d’intérêts et découvrez-en ! Avec internet c’est facile, un clic et hop ! Et puis, il y a vos voisins, vos potes, vos collègues qui sont des sources d’informations intarissables… Discutez avec eux, posez-leur des questions et découvrez un monde gigantesque qui s’offre à vous… Inscrivez-vous dans des associations. Il y en a à tous les prix, dans tous les domaines et les aficionados aiment tellement partager que vous ferez des heureux en plus d’y trouver votre compte !

En résumé…

 

© Stocklib janifest
© Stocklib janifest

La solitude, quelle qu’elle soit, n’est pas une fatalité. Aimez les autres, aimez-vous, apprenez à changer d’état d’esprit, n’ayez plus peur, cessez de souffrir et vivez votre vie différemment. Elle deviendra alors un vrai cadeau ! Finalement, comme le disait le poète suédois  Vilhelm Ekelund « la solitude est un art » !

Quelques lectures pour trouver des infos…

Bien sûr, je vous encourage quand cela est possible d’acheter ces bouquins chez le libraire le plus proche de chez vous, sinon cliquez sur le titre des livres si vous souhaitez les commander.

  • Solitude et sociétés contemporaine de Marie-Chantal Doucet, Professeure Psychosociologue, aux Presses de l’Université du Québec, version brochée à 21€, ebook à 12,99€

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A propos de l’auteure

Fille d’un artisan-expert judiciaire, puis chef d’entreprise à mon tour, j’ai décidé de quitter le nid familial pour voler de mes propres ailes. J’ai alors œuvré dans le 1er groupe de presse français pendant 15 années. La filiale dans laquelle je travaillais a fermé ses portes après plus de 40 ans d’existence. D’un malheur est né un rêve. Je me suis alors inscrite dans une célèbre école de journalisme. Et mon diplôme d’attachée de presse en poche… Me voici…

Vous allez découvrir que je suis spontanée, capricieuse, espiègle, malicieuse faut-il croire, rêveuse sûrement, contemplative absolument, timide beaucoup et agaçante semblerait-il, sans aucun doute, pour certains…

Ce sont assurément pour toutes ces raisons, qu’il vaut mieux que j’écrive, c’est encore là que je reste la plus mignonne… Quoique !

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