Consommer local et de saison : guide pour grands débutants

Publié le 28 avril 2020 - Chroniqueur : Louisa
© Stocklib  monticello

Le supermarché c’est pratique parce qu’on y trouve de tout et tout le temps ! Mais est-ce que vous vous êtes déjà demandé d’où venaient vos fruits exotiques ou vos fraises en plein hiver ? Avez-vous pensé au voyage qu’ils effectuent ? Voici donc quelques raisons d’adopter un mode consommation plus responsable ! Après le no poo, j’aborde un autre sujet qui me tient à cœur : la consommation locale et de saison !

Pourquoi consommer local m’intéresse ?

J’ai grandi avec les légumes du potager de papa et maman, les fruits du jardin, les œufs du poulailler, le lait frais acheté aux voisins agriculteurs. Une enfance de hippie diront certains, peut-être, mais une enfance qui m’a appris le vrai goût des produits frais sans additifs, le respect du rythme de la nature, l’importance des écosystèmes et surtout l’énorme travail nécessaire à la culture de la terre.

@Louisa, Cueilleuse de mandarines en Nouvelle-Zélande
@LouisaFeix, Cueilleuse de mandarines en Nouvelle-Zélande

Je n’ai pourtant jamais vraiment participé au jardin, je préférais lire dans mon coin (n’est-ce pas maman ?!). Et pourtant, en 2016 je me lance dans une folle aventure : passer un an sur les routes de Nouvelle-Zélande avec mon sac à dos ! Pour auto-financer mon voyage, je fais plein de petits boulots sur place et me voilà soudainement à planter et désherber des potagers, vendre des légumes sur le marché, travailler dans une plantation de myrtilles, cueillir des mandarines dans un verger, décortiquer des noix à la main dans une plantation de macadamia, nourrir les animaux dans une ferme. Un tas d’expériences incroyables qui ont renforcé l’importance et le respect que je donne aux petits agriculteurs et producteurs locaux !

Déjà, c’est quoi la consommation locale ?

 

@Louisa, Vendeuse sur le marché en Nouvelle-Zélande
@LouisaFeix, Vendeuse sur le marché en Nouvelle-Zélande

Pour certains il s’agit de consommer des produits français (échelle nationale) alors que pour d’autres, il s’agit de consommer des produits de sa région (échelle régionale). Aux États-Unis le terme « locavore » désigne ceux qui restreignent leur consommation à des denrées produites à maximum 200km autour de chez eux.

Vous l’aurez compris, il s’agit de privilégier les circuits courts, d’acheter ses produits de consommation courante (fruits, légumes, œufs, viande, fromage, etc) au plus proche de chez nous afin d’éviter de faire faire des kilomètres et des kilomètres à nos aliments.

Pourquoi c’est mieux pour moi ?

Pour le goût et les bienfaits nutritionnels ! Les fruits et légumes produits au bout du monde sont souvent récoltés encore verts. Ils finissent de murir dans des camions ou avions, sont couverts de produits chimiques pour éviter de s’abîmer et arrivent dans les rayons de nos supermarchés pauvres en saveurs et en nutriments.

Marché fermier - @Unsplash
Marché fermier – @Unsplash

Au contraire, les produits locaux bénéficient du climat qui leur convient le mieux et sont cueillis à maturité seulement quelques jours avant de finir dans notre assiette ! Ils ont donc développé toute leur saveur et offrent une meilleure qualité nutritionnelle !

Pour la découverte ! Vous découvrez de nouveaux produits proposés par vos producteurs locaux, vous redécouvrez le calendrier des produits de saison, vous vous essayez à de nouvelles recettes et associations de saveurs !

La découverte - @Unsplash
La découverte – @Unsplash

Pour le prix ! On entend souvent dire que consommer local et de saison c’est plus cher, c’est pourtant rarement le cas ! Pensez-y : lorsque le paysan vend ses produits au supermarché, il est obligé de se concentrer sur la quantité plus que la qualité et il doit vendre au plus bas prix possible. Ensuite il faut ajouter le coût du transport, de l’emballage, la marge prise par les supermarchés et autres intermédiaires.

A l’inverse, si vous achetez directement dans les fermes, sur les marchés, dans les boutiques de producteurs locaux, vous éliminez tous les intermédiaires, vous payez donc un prix plus juste qui reviendra directement au producteur.

Pourquoi c’est mieux pour les producteurs ?

Ces dernières années, les paysans et agriculteurs ont de plus en plus de mal à survivre. L’industrie alimentaire leur impose de produire de grosses quantités qu’ils doivent vendre à des prix toujours plus bas.

Agriculteur - @Unsplash
Agriculteur – @Unsplash

Lorsque vous achetez directement aux producteurs vous leur permettez une rémunération directe et juste. Vous les aidez également à regagner un peu d’indépendance puisqu’ils ne sont pas seulement soumis aux demandes des supermarchés. Ils peuvent varier leurs cultures, se concentrer de nouveau sur la qualité, plus que sur la quantité.

Vous créez du lien social ! Certains producteurs vous offrent de venir chercher un panier de produits frais chaque semaine, certains vous offrent d’aller cueillir vous-même vos produits, l’occasion d’apprendre de ces professionnels passionnés et de profiter d’un beau moment de partage.

Pourquoi c’est mieux pour l’économie locale ?

On l’a déjà dit, en achetant local vous aidez financièrement les producteurs locaux sans pour autant dépenser plus et en bénéficiant de produits cent fois meilleurs.

Fromages locaux - @Unsplash
Fromages locaux – @Unsplash

Au-delà de ça, vous participez également à la préservation de notre patrimoine ! Le savoir-faire local, la promotion des produits du terroir, la diversité des cultures et du paysage agricole. Vous encouragez aussi la création d’emplois ! Vous aidez certains petits producteurs à se développer, agrandir leur production et créer des emplois (au niveau de la production mais aussi de la vente).

Pourquoi c’est mieux pour la planète ?

 

Moutons heureux en Nouvelle-Zélande @Louisafeix
Moutons heureux en Nouvelle-Zélande @LouisaFeix

On réduit le transport qui est le plus gros facteur de pollution (des milliers de camions, avions, bateaux transitent tous les jours).  On réduit sa consommation énergétique (transport et stockage réfrigérés, production en serres surchauffées). On limite sa production de déchets (emballages et suremballages, souvent en plastique, pour protéger les produits durant leur acheminement).

Ma copine Ginger Nouvelle-Zélande @Louisafeix
Ma copine Ginger Nouvelle-Zélande @LouisaFeix

En consommant des produits de saison, on respecte le rythme de la nature et son écosystème. Les produits bénéficient de conditions optimales et naturelles en termes de lumière, température, nutriments de la terre. On évite l’agriculture intensive, et quand on peut favoriser l’agriculture bio, on élimine aussi l’utilisation de produits chimiques.

Et si on parle de viande et d’élevages, on encourage les élevages en plein air, les animaux nourris à base de produits naturels, respectés et bien traités. C’est mieux pour eux et pour nous !

Comment je fais pour m’y mettre ?

Pour commencer on apprend à lire les étiquettes dans les magasins, on se renseigne sur le pays d’origine des produits et on pense au nombre de kilomètres qu’ils ont parcourus pour arriver là. Pourquoi acheter des kiwis de Nouvelle-Zélande si la France compte des productions de kiwis ?

On s'y met en famille- @Unsplash
On s’y met en famille- @Unsplash

On réapprend le calendrier des saisons ! Sur internet vous trouverez facilement des calendriers de fruits et légumes de saison pour chaque mois/saison (comme ici par exemple : www.lesfruitsetlegumesfrais.com).
C’est l’occasion de l’imprimer, l’accrocher sur le frigo, y jeter un œil avant de faire ses courses, créer des activités avec les enfants pour qu’ils apprennent eux aussi à respecter le rythme de la nature et comprennent pourquoi à Noël il n’y a pas de tarte aux fraises !

On contacte les fermes et producteurs de notre région pour voir s’ils organisent des ventes directes.

La récolte - Pexels
La récolte – Pexels

On peut aussi s’abonner à une AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). Une fois abonné, vous payez un prix fixe pour un panier de fruits/légumes/œufs/produits laitiers locaux dont le contenu varie en fonction de la disponibilité et saisonnalité des produits.

Les chambres régionales d’agriculture ont aussi lancé le site internet Drive Fermier  qui vous permet de passer commande aux producteurs membres du réseau « Bienvenue à la ferme », vous récupérez ensuite votre commande dans un point de retrait près de chez vous.

Autre suggestion, le site la ruche qui dit oui. Le site permet aux consommateurs de se regrouper pour passer commande à des producteurs locaux, il existe presque 2000 « ruches » en France mais aussi dans d’autres pays européens.

Et les produits qui n’existent pas chez nous ?

Carte du monde - @Unsplash
Carte du monde – @Unsplash

Il est évident que certains produits ne sont pas cultivés chez nous, doit-on alors s’en priver ? Puis-je acheter du café, du chocolat, des bananes, des ananas ? Bien sûr qu’on peut ! On essaye alors de privilégier les produits issus du commerce équitable, bio quand on trouve. Ces produits sont issus de productions faisant un vrai travail de respect de l’environnement et rémunérant de manière plus juste les producteurs locaux, même si dans ce cas le producteur local est au bout du monde.

Be happy - @Unsplash
Be happy – @Unsplash

Beaucoup d’entre vous hésitent encore à franchir le pas. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de changer vos habitudes du tout au tout du jour au lendemain ! Prenez le temps d’observer ce que vous achetez aujourd’hui, ce que vous pourriez changer, cherchez un point de vente de produits locaux proche de chez vous et passez un coup de fil pour en savoir plus. Vous n’avez rien à perdre, et une fois que vous aurez retrouvé le goût intense et subtil des produits frais et bien mûrs, il vous sera difficile de vous en passer !

 

Rédigé par : Louisa

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A propos de l’auteure
Adélaïde votre blogueuse préférée de Charente-Maritime !

Fille d’une infirmière et d’un artisan-expert judiciaire, puis chef d’entreprise à mon tour, j’ai décidé de quitter le nid familial pour voler de mes propres ailes. J’ai alors œuvré dans le 1er groupe de presse français pendant 15 années. La filiale dans laquelle je travaillais a fermé ses portes après plus de 40 ans d’existence. D’un malheur est né un rêve. Je me suis alors inscrite dans une célèbre école de journalisme. Et mon diplôme d’attachée de presse en poche… Me voici…

Vous allez découvrir que je suis spontanée, capricieuse, espiègle, malicieuse faut-il croire, rêveuse sûrement, contemplative absolument, timide beaucoup et agaçante semblerait-il, sans aucun doute, pour certains…

Ce sont assurément pour toutes ces raisons, qu’il vaut mieux que j’écrive, c’est encore là que je reste la plus mignonne… Quoique !

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