Le Reggae : une philosophie au-delà de la musique

Publié le 1 juillet 2021 - Chroniqueur : Adélaïde
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L’été arrive avec ses senteurs de monoï, de vanille et de sable chaud et comme tous les ans, le Reggae revient en force ! Depuis plus de 50 ans, il nous ensorcèle de ses rythmes nonchalants et envoutants et nous invite à la contemplation et à la célébration de la vie !

Que représente le reggae dans le monde musical d’aujourd’hui ?

Comme le Rythme & Blues, le Reggae a toujours été la musique des opprimés. Son histoire est celle d’un peuple qui a souvent souffert. Sa renommée est peut-être celle que les fans lui ont donnée, mais c’est aussi la légitimité que l’UNESCO lui a offert en le classant au Patrimoine Immatériel du l’Humanité en 2018.

Istock @Deagreez
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En effet, le Reggae n’est pas qu’un genre musical révolutionnaire et contestataire. C’est aussi le métissage de plusieurs cultures : musiques blanches (polka, mazurka, quadrille…) et noires (musiques africaines, Jazz, Rythme & Blues, Soul et Nyabinghi). C’est de ce mélange qu’est né le Reggae et qu’il devient célèbre en 1968 grâce à Bob Marley et aux Wailers.

Tout de même, s’il est reconnu que le Reggae est l’un des genres musicaux les plus connus au monde, il n’y a pas de chiffres d’affaires affichés très clairement. Les musiciens et chanteurs de Reggae restent cependant des artistes comme les autres. Ce sont aussi des hommes (et femmes) d’affaires qui sont entourés à bon ou mauvais escient, et qui savent parfois surfer sur la vague.

Istock @Holubenko Nataliia
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Par exemple, 40 ans après la mort de Bob Marley, son empire est estimé à 30 millions de Dollars. En dehors des droits d’auteurs qui ont rapportés 14 millions de Dollars à ses héritiers en 2020, l’empire Marley a ajouté à son savoir-faire de nombreux produits dérivés comme du cannabis vendu dans des pays où l’usage récréatif est autorisé – oui, vous avez bien lu ! Mais sous la marque Marley, on trouve aussi du café, des bagages, son portrait pour des fonds d’écrans et des tee-shirts, des jeux vidéo, etc… Évidemment, on peut se demander ce qu’en aurait pensé Bob Marley, lui qui était l’icône de la Paix de l’ONU et qui disait «Ne conquiert pas le monde si tu dois y perdre ton âme car la sagesse vaut mieux que l’or et l’argent ! ».

Quelle est l’histoire du reggae ?

Les débuts du reggae font souvent polémique ! En général, on attribue l’année 1968 pour sa naissance dans les caraïbes !

Mais le reggae, c’est quoi exactement ? Comme je vous l’ai dit au début de ce billet, c’est un style de musique influencé par le Rythme & Blues et le Jazz. Eh oui ! Alors on pense forcément à la Louisiane et la Nouvelle-Orléans et par conséquent aux États-Unis. Qui dit USA en 68, dit un monde en pleine mutation et on le sait bien, les États-Unis influencent le monde entier qu’on le veuille ou non.

Istock @CarlosDavid.org
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1968 aux USA, c’est la fin du mandat de Lyndon Johnson, 36ème Président. C’est aussi la première puissance mondiale qui s’enlisent dans une guerre décriée contre le Vietnam. C’est l’assassinat de Martin Luther King et celui de Robert Kennedy (le frère du légendaire John Fitzgerald). Ce sont des émeutes raciales violentes qui n’ont de cesse depuis cinq ans de réveiller l’Amérique, et qui donnent lieu à la commission Kerner. Elle reconnaît la gravité du racisme, la différence entre Américains noirs et Américains blancs. Cette commission suggère, pour apaiser les relations, de mener des actions efficientes pour mettre en place une vraie politique sociale de déségrégation : possibilité d’intégrer de meilleures écoles, des universités réputées, un accès plus facile au logement et à la propriété, à la création d’entreprise et des mesures de lutte contre la pauvreté. Les femmes se soulèvent aussi contre le patriarcat et les injustices qui leur sont faites. Johnson est plus préoccupé par les dépenses abyssales qui sont faites pour le conflit vietnamien et les répercussions économiques de cette guerre. Il ne s’occupe ni des noirs, ni des femmes. En novembre 68, il en paye le prix, puisque les américains ne lui renouvellent pas leur confiance et le remplace par Nixon.

Istock @CarlosDavid.org
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C’est dans ce cadre social qu’est né le Reggae ! Tout est dit, et mille petites histoires existent pour le début de cette musique. Ce qui est sûr, quelque soit la version qui est donnée, c’est qu’il s’agit toujours d’une musique pour l’homme de la rue, le va-nu-pieds, l’homme brisé par la vie qui en a marre d’être résilient… En 1968, la réalité des noirs est pire qu’aujourd’hui. Elle est rude et la lutte passe aussi par la musique, comme avec le Jazz, le Rythme & Blues et la Soul ! L’art soulève bien souvent des voiles sur d’horribles vérités.

Reggae – Rastas : même combat ?

 

Istock @monkeybusinessimages
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Il n’y a pas de Reggae sans penser à Bob Marley, le plus célèbre des Rastas. Ce fameux mouvement (les Rastafaris) est né, comme le Reggae en Jamaïque. Il reste mal connu car contrairement à beaucoup d’idées reçues, il s’agit d’un dérivé du christianisme. Eh oui, mes Adeladdicts, la Jamaïque avait été colonisée, comme toutes les caraïbes. Ce sont les britanniques, qui de 1670 à 1962, ont imposé leur culture et leur religion. Ainsi, la plupart des Jamaïcains étaient chrétiens. L’abolition de l’esclavage dans l’île, en 1833, a secoué les mentalités des locaux. Cette « liberté » relative leur a permis de voir autrement leur foi et de reconsidérer la Bible différemment.

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Évidemment aujourd’hui, il y a plusieurs tendances chez les Rastafaris, mais grosso-modo l’influence biblique des Rastas serait marquée par le concept de Babylone dans la bible des Anglicans. Comme dans toutes les religions, il y a différents courants. Si les pratiques sont dissemblables en fonction des mouvements, elles sont à peu près celles-ci :

  • Ne pas se couper les cheveux d’où l’apparition des Dreadlocks. Certains ne couperaient pas leur barbe non plus.
  • La Ganja ne serait utilisée que lors de la prière dans le but d’élever son âme à la méditation. L’usage récréatif serait un sacrilège.
  • Ne pas consommer d’alcool, ni de viande, le corps n’étant pas un cimetière.
  • La polygamie serait possible puisqu’elle était évoquée dans l’Ancien Testament.
  • Le Nyabinghi serait la musique traditionnelle des Rastas qui rappellerait la tradition africaine. Ce sont des percussions, des basses et des chants. Il s’agirait là de la seule et unique musique reconnue par les puristes semblerait-il.
Istock @Holubenko Nataliia
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Le charisme de Bob Marley a fait le reste, même si tous les Reggae men et women ne sont pas Rastas. Beaucoup de musiciens(nes) et de chanteurs(euses) talentueux(euses) ont suivi son chemin. Je pense à certains comme Sebastian Sturm, comme PierpoJack, comme Tiken Jah Fakoly ou encore Alpha Blondy, musiciens que j’adore vraiment.

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Chaque mot, chaque parole du Reggae parle d’amour, de revendications sociales, de politique, de rébellion malgré ses rythmiques très cool, parce que le monde est encore fait d’injustices. Mais l’espoir est peut-être dans ce que disait Bob Marley « Juste parce que vous êtes heureux, cela ne signifie pas que le jour est parfait, mais que vous avez regardé au-delà de ses imperfections».

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A propos de l’auteure
Adélaïde Friboulet Blogueuse et attachée de presse

Fille d’une infirmière et d’un artisan-expert judiciaire, puis chef d’entreprise à mon tour, j’ai décidé de quitter le nid familial pour voler de mes propres ailes. J’ai alors œuvré dans le 1er groupe de presse français pendant 15 années. La filiale dans laquelle je travaillais a fermé ses portes après plus de 40 ans d’existence. D’un malheur est né un rêve. Je me suis alors inscrite dans une célèbre école de journalisme. Et mon diplôme d’attachée de presse en poche… Me voici…

Vous allez découvrir que je suis spontanée, capricieuse, espiègle, malicieuse faut-il croire, rêveuse sûrement, contemplative absolument, timide beaucoup et agaçante semblerait-il, sans aucun doute, pour certains…

Ce sont assurément pour toutes ces raisons, qu’il vaut mieux que j’écrive, c’est encore là que je reste la plus mignonne… Quoique !

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