Le Monoï de Tahiti : l’huile sacrée polynésienne

Publié le 26 juillet 2021 - Chroniqueur : Adélaïde
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Le Monoï de Tahiti est la plus célèbre des huiles de cosmétologie au monde. Souvent utilisé en tant qu’huile bronzante, il est l’un des plus anciens secrets de beauté qui existe et l’un des plus naturels. Mais quels sont donc les secrets de cet emblème de la Polynésie ?

C’est quoi le Monoï de Tahiti ?

 

Istock @lucky-photographer
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Avant tout, le Monoï de Tahiti, c’est un mélange de Gardenia tahitensis (le Tiaré) et de cocos nucifera (la noix de coco ou Coprah) dont les cultures sont faites en Polynésie exclusivement. Pour le Tiaré, la cueillette est faite à la main, mais ça, on y reviendra plus tard.

Dis comme ça, ça ne fait certainement pas envie, mais le Monoï de Tahiti, c’est avant tout une histoire de macération. Eh oui, le nombre de fleurs de Tiaré détermine la qualité de l’huile. La macération dure environ dix jours avec un savant mélange de 10 fleurs de Tiaré par litre d’huile de coprah (le coprah, c’est l’amende de la noix de coco qui est séchée).

Istock @Prostock-Studio
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Le Monoï de Tahiti est aussi et surtout le secret de la beauté polynésienne et créole. Personnellement, je l’utilise depuis mon enfance dans mes cheveux et sur ma peau, mais c’est  aussi ça le secret des peaux métisses et des peaux sèches.

Quels sont les bienfaits du Monoï de Tahiti ?

Connu pour ses vertus hydratantes, le Monoï de Tahiti est idéal pour nourrir la peau en profondeur. Appliqué sur le visage et le corps, il tonifie la peau et diminue son relâchement. Oui-oui, il nous rend plus jeune, plus belle et plus fraîche ! Pour les peaux sèches, il soigne les gerçures et les crevasses. Quotidiennement utilisé, il adoucit votre peau et la protège des agressions extérieures comme la pollution, la transpiration ou le froid.

Istock @jacoblund
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L’huile de Monoï de Tahiti va activer votre bronzage (comme un steak dans une poêle à frire ! oui je sais ce n’est pas glamour, mais c’est une métaphore très réaliste). En tous les cas, elle ne vous protégera pas des UV. Pour les peaux claires, son utilisation en plein soleil peut même être dangereuse. Par contre, en après-soleil, elle réparera et hydratera votre épiderme.

Un petit truc pour booster son utilisation ? L’appliquer sur une peau humide ! De cette façon-là, vous optimiserez sa pénétration et donc l’hydratation de votre peau. Utilisez-la en soin de jour et/ou de nuit sans modération pour avoir une peau tonifiée et parfaite.

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Pour les cheveux, appliquée en huile de finition, l’huile de Monoï de Tahiti fait briller vos cheveux de mille feux. S’ils sont abîmés, elle a le même effet que sur la peau. Réparation et hydratation en profondeur sont au menu !

Pour les fanas de bains de mer et/ou les surfeurs, une application avant d’aller à l’eau protègera vos cheveux du sel. Après une exposition prolongée au soleil ou une cession de surf, shampooinez vos cheveux puis mélangez quelques gouttes de Monoï de Tahiti à du beurre de Karité. Laissez pauser ce masque capillaire toute la nuit et vos cheveux seront soyeux et en pleine forme.

Comment reconnaître le vrai Monoï de Tahiti du faux ?

 

Istock @Androlia
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L’huile de Monoï de Tahiti est une AO (Appellation d’Origine). Tous les produits qui contiennent du Monoï ne sont pas forcément du Monoï de Tahiti. Par exemple, les mentions « Bio » , « Naturel » ou « 100% végétal » ne veulent pas dire que l’huile que vous achetez est une AO. Le mot « Monoï » n’étant pas protégé, beaucoup de producteurs font ce qu’ils veulent ou presque. Attention, il ne s’agit pas de remettre en question la qualité des produits qui ne sont pas du « Monoï de Tahiti », mais de ne pas se faire gruger. L’Appellation d’Origine « Monoï de Tahiti », c’est un peu comme les labels bio dont le plus connu est le AB. Il s’agit de répondre très précisément à un cahier des charges, point à la ligne. Ainsi, il y a des contraintes strictes pour être reconnu en tant qu’AO.

Ainsi avec l’AO « Monoï de Tahiti », vous êtes sûr(e) d’acheter une huile avec au moins 90 % de Monoï de Tahiti. Alors qu’une « Huile AU Monoï de Tahiti » ne contiendra que 50 % de Monoï de Tahiti, le reste étant des huiles de moins bonne qualité en général. Bref, le plus simple est de vérifier l’étiquette du produit, car le taux de Monoï de Tahiti doit être obligatoirement précisé.

Istock @aedkais
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Eh oui, tout ça, c’est très sérieux, puisqu’il existe d’ailleurs, depuis 1992, un décret (le 92340) qui décrit le Monoï de Tahiti Appellation d’Origine de la façon suivante :  » Le Monoï de Tahiti est le produit obtenu par la macération de fleurs de Tiaré dans l’huile de Coprah raffinée, extraite de noix de coco récoltées dans l’aire géographique de Polynésie française au stade de noix mûres, sur des sols d’origine corallienne. Ces noix doivent provenir du cocotier « Cocos nucifera » et les fleurs de Tiare de l’espèce végétale « Gardenia tahitensis » d’origine polynésienne récoltées au stade de bouton. ». C’est clair, net et précis !

Une économie qui valorise un produit ancestral

 

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Si le Monoï de Tahiti est un produit ancestral, sa production affiche, encore aujourd’hui, un développement régulier, même si son poids économique peut paraître anodin. Malgré tout, c’est un produit international : 70 % de sa production est concentrée sur l’Europe, 15 % sur l’Amérique du Nord, 10 % sur l’Asie et 4 % sur l’Amérique centrale et du Sud. Chaque année, elle progresse un peu plus et permet aux coprahculteurs de vivre (2.000 cocoteraies environ en 2012).

Istock @Anna-Ok
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La totalité de la production de la récolte de coprah est achetée par le Territoire et l’Huilerie de Tahiti. Son prix d’achat est fixé par une décision du Conseil des Ministres. Naturellement, sa qualité déterminera son coût. Les producteurs sont dépendants de cet établissement public créé en 1968. Et comme pour tous les producteurs agricoles, rien n’est simple pour eux, d’autant que de nombreux emplois dépendent de cette production.

Comment pousse le Tiaré et comment se récolte-t-il ?

 

Istock @chameleonseye
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C’est une fleur qui pousse sur un arbuste plutôt grand (jusqu’à 4 m de hauteur) dont la senteur ressemble au jasmin. Elle est endémique de la Polynésie, bien qu’on puisse tenter de la faire pousser chez soi, en pot si vous voulez qu’elle survive.

Le Tiaré fait partie de la famille des Gardénias et il aime les climats où la chaleur est humide. Les sols dans lesquels il est aux anges sont humifères et acides. Sa culture est tout aussi délicate que sa fleur, car sa récolte se fait toujours à la main et avant 4 ou 6h du matin, heures où les premiers rayons du soleil stimulent sa floraison. Lors de la cueillette, les bourgeons sont verts et ce sont eux qui sont cueillis pour faire le Monoï de Tahiti. Les fleurs blanchiront tout au long de la journée lorsqu’elles seront entreposées.

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En plus d’être délicate, la fleur de Tiaré a une vie éphémère d’à peine plus de 48 heures. Sa cueillette demande donc une vigilance de tous les instants. C’est pour ça qu’elle est quotidienne.

Les fleurs de Tiaré ne sont pas destinées qu’à la production de Monoï de Tahiti même si c’est la majorité des ventes. Elles servent aussi à la décoration des maisons, à faire des colliers et des bijoux, etc… Lorsque les fleurs sont ouvertes bien sûr.

Un peu d’histoire…

 

Istock @JosefHanus
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C’est lors de son premier voyage autour du monde entre 1768 et 1771 que James Cook, le célèbre navigateur et explorateur découvre Tahiti. Parti de Plymouth en Angleterre en août 1768, il accoste à Rio de Janeiro, passe le Cap Horn, puis arrive le 13 avril 1769 à Tahiti. Le voyage du retour passera par la Nouvelle-Zélande, la côte Ouest de l’Australie, l’Asie puis l’Afrique du Sud avant de rentrer enfin chez lui en juillet 1771.

C’est lors de son deuxième voyage, entre 1772 et 1775, que son naturaliste Johann Forster (naturaliste et ethnologue allemand) découvre le Tiaré. Les fleurs de Tiaré étaient mises à macérer au soleil pendant plusieurs jours, dans du coco germé et fermenté.

Istock @RandyJayBraun
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Il découvre aussi que les fleurs de Tiaré ont un langage selon le message que veut faire passer une personne qui la porte : sur l’oreille gauche, cela signifie qu’on n’est pas libre, à droite qu’on est plutôt disponible pour une rencontre. Selon la coutume, les hommes portent toujours le Tiaré en bouton et les femmes en fleur.

Ce n’est qu’au XIXème siècle que la fleur de Tiaré est découverte en Europe par Jules Dumont D’Urville. Découverte faite entre 1822 et 1825, grâce à un voyage d’exploration en circunavigation. Il ramènera la fleur de Tiaré et plus de 3000 espèces botaniques et 1200 espèces d’insectes.

Istock @VV-pics
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Mais n’est-ce pas la légende qui est la plus romantique à retenir ? La princesse Apetahi en perdant la vie dans les bras de son amoureux, lui aurait dit « Chaque matin, lorsque tu monteras sur la montagne, je te donnerai ma main à caresser… »… Une fleur de Tiaré serait alors née au creux de sa main…

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A propos de l’auteure
Adélaïde Friboulet Blogueuse et attachée de presse

Fille d’une infirmière et d’un artisan-expert judiciaire, puis chef d’entreprise à mon tour, j’ai décidé de quitter le nid familial pour voler de mes propres ailes. J’ai alors œuvré dans le 1er groupe de presse français pendant 15 années. La filiale dans laquelle je travaillais a fermé ses portes après plus de 40 ans d’existence. D’un malheur est né un rêve. Je me suis alors inscrite dans une célèbre école de journalisme. Et mon diplôme d’attachée de presse en poche… Me voici…

Vous allez découvrir que je suis spontanée, capricieuse, espiègle, malicieuse faut-il croire, rêveuse sûrement, contemplative absolument, timide beaucoup et agaçante semblerait-il, sans aucun doute, pour certains…

Ce sont assurément pour toutes ces raisons, qu’il vaut mieux que j’écrive, c’est encore là que je reste la plus mignonne… Quoique !

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